L'égout de la ville, la dernière légionellose, Choupa Choups'em up
Par Christophe le mardi 2 octobre 2007, 23:07 - Cinéma - Lien permanent
Oui oui je sais, encore 3 critiques d'un coup. Mais ce n'est qu'une
coïncidence ! C'est qu'entre deux séances il faut bien trouver le temps de
rédiger les critiques !

Par quoi commence-t-on...Par le nouveau film avec Catherine Zeta Jones :
Le goût de la vie. Bon c'est une comédie romantique donc comme
d'habitude voilà ce qui va se passer :
- ils sont seuls
- ils se rencontrent
- ils ne peuvent pas se sentir
- ah ba finalement si ils peuvent (là on place une scène "d'amour" plus ou moins démonstrative et suggestive)
- Un élément fait que leur amour est finalement impossible (par exemple X a caché à Y qu'il aimait le pot au feu au chien)
- Mais à la fin l'amour est plus fort que tout et ils vécurent heureux et eurent plein de petits monstres.
Le goût de la vie c'est donc ça, là où il se différencie de
ses congénères c'est par son côté triste, la première demi-heure tournant pas
mal vers le drame. On ajoute à cela une pincée d'ambiance culinaire, une
cuillière de playboy de service (Aaron Eckhart, qu'on a plus l'habitude de voir
dans des films comme le Dahlia noir), une louche de petite fille "oh mais elle
est trop mignonne" et on optient : Ratatouille !
Hum, non raté, mais force est de constater que les deux films on beaucoup de
points communs (l'importance de la mort dans le script, le look de la cuisine
du resto 3 étoiles...). Bon techniquement bien sûr ça n'a rien à voir, même si
Le goût de la vie se permet une belle utilisation du format
scope, qui va certainement faire baver les gens qui vont devoir le recadrer
pour qu'il passe à la télé. Le goût de la vie laisse donc une sensation
agréable au niveau du palais, on hésitera pas à le recommander pour qui aime ce
style de programme.

Attaquons maintenant La Dernière Légion. Le film trace la
trépidante jeunesse de Pendragon, le papa d'Arthur (le roi Arthur, pas le
blaireau d'endemol) et de ses compagnons. J'aime pas être méchant mais...le
film est drôle sans le faire exprès. Il tente de se donner des airs de Seigneur
des Anneaux mélangé avec Gladiator, mais la sauce de prend pas et ça finit en
eau de boudin. L'indigestion est proche mais le plus nul reste à venir :
interprétation ridicule (comme le budget visiblement), effet spéciaux à vomir,
scénario risible, incohérences à tous les étages...On se situe au niveau de
Xena je pense, sauf que les gens qui bossaient sur Xena assumaient le côté
kitch de ce qu'ils faisaient. Allez on va dire que c'est un téléfilm moyen de
samedi après midi. En tant que film c'est honteux, même Aishwarya Rai (à mes
souhaits) n'arrive pas à sauver les meubles, ou alors il aurait fallu qu'elle
en montre un peu plus.

Enfin terminons par le chef d'oeuvre de cette semaine : Shoot'em
up !

Je rappelle pour les moins geek de nos lecteurs qu'un shoot'em up est un jeu
vidéo ou le but est de tirer sur le plus de monde possible. A la belle époque
des jeux vidéos on pouvait classer dans cette catégorie Metal Slug, R-type,
Gradius etc. Donc, quand un film arrive avec ce titre, on croise les doigts
pour que celui-ci soit respectueux de ce matériel et nous offre quelque chose
de divertissant, du bon gros "entertainment". Et là youpi là youpi Shoot'em up
est une perle. Le scénario plutôt mince est pourtant plus épais que beaucoup de
films jugés sérieux...cool ! On rentre tout de suite dans le vif du sujet
pour ne plus le quitter pendant 1h30. Pas de temps mort, pas le temps, même pas
le temps de chargement, on est pas sur CD mais sur une bonne vieille
cartouche ! Qui plus est le réalisateur s'est permis de nous mettre les
codes pour l'invincibilité et pour les munitions illimités (IDDAD et IDKFQ, ils
sont pas allés jusqu'aux IDSPISPOD mais presque) ! Allez hop des gens vont
mourir par centaines dans un honteux plaisir ludique pour le spectateur. Jamais
sérieux le film enchaine les scènes cultes, il est d'ailleurs découpé en
niveaux comme un jeu vidéo : l'entrepôt, l'hotel, la course poursuite, le
saut en parachute et...le boss ! Les effets spéciaux sont loins d'être les
meilleurs au monde mais on s'en moque car ils servent avant tout l'histoire et
la distribution de plomb. Le casting est impeccable même si finalement assez
logique : Clive Owen sort tout droit de Sim City, Monica Belluci joue une
prostituée (oui, comme d'habitude) et Paul Giamatti le méchant intello de
service. Tous sont à fond dans le délire et donc sérieux au possible dans leur
rôle : il suffit de voir la détermination d'Owen quand il mange une
carotte pour comprendre en deux temps trois mouvements à quel type de
personnage on a à faire !

Si l'inspecteur Derrick est le maïs, Shoot'em up est le pop-corn ! Courrez
donc dans vos salles préférées pour le déguster !