Pour reprendre une vieille tradition: les titres auxquels vous avez failli échapper :-)
D'ici comme Ickx
A la coupe de l'America, quand la Lantern passe au Green tu aurais Thor ne pas enclencher la First Class
La lanterne verte le Captain America quatre doigts

Marvelle

Cette année a été riche en adaptation de comics, très riche, digne un régime alimentaire de préparation à Mr Olympia. Mais cet euromillion de la BD américaine appelle-t-il un digestif ou une cuillière de bicarbonate ? Voyons dans l'ordre d'arrivée chacun des participants avant de digresser sur le passé le présent et l'avenir des adaptations de comics.

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Thor

Le super héros préféré des Claudettes, Thor n'est pas très connu chez nous, en tout cas en tant que Comic. Incarné impeccablement à l'écran par Chris Hemsworth, dont on se rappelle la superbe performance dans...attendez...ça va me revenir...bon passons. Diéfié Chris s'en sort donc magnifiquement: charisme, humour, physique taillé à la faucille et au marteau. A côté de lui on a Mr Antony Hopkins en patriarche et un Loki qui malgré tout le bien qu'on en dit m'a semblé un peu transparent en tant que "bad guy". Enfin côté casting féminin il y a Natalie Portman dans une performance à mi-chemin entre la revanche des Sith et Black Swan...Mais c'est Natalie Portman, alors peu importe.

Tout ce petit monde est réuni sous la caméra de Kenneth Branagh, un homme plus habitué aux récits de Shakespeare qu'à ceux de Jack Kirby. C'est donc normalement un gage de qualité puisqu'on s'attend forcément à des personnages avec plus d'épaisseur (et je ne parle pas de muscles). En pratique ce n'est pas flagrant, ce qui ne veut pourtant pas dire que le film soit mauvais, loin de là.

La grande réussite de ce Thor c'est son humour. Le personnage haut en couleur qu'est Thor arrivant sur Terre comme un éléphant dans un magasin de porcelaine est impayable et on se marre inévitablement en suivant ce mélange de rock star et de tête couronnée. A côté de ça les scènes d'action sont sans surprise, l'esthétique des scènes dans le royaume des Dieux est...discutable, les effets spéciaux sont (un peu trop) ordinaires et la seule qualité de la 3D est qu'elle ne fait pas trop mal aux yeux. On sort néanmoins de la salle en ayant passé un bon moment et c'est bien bien ce qu'on demande à ce genre de film en priorité.

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Xmen : First Class

Prenez à la production le réalisateur des deux premiers XMen (aussi producteur de DrHouse en passant), mettez à la réalisation l'homme qui a fait le brillant Kick Ass et là vous vous dites : ça doit le faire.Et en effet ça le fait, mais...Ca aurait pu être mieux.

Avant de nous attaquer aux petits points qui font tâches parlons des points forts : le film commence sur la même scène que le premier Xmen, qui reste une des meilleurs scènes jamais faite pour un film Xmen, car elle annonçait clairement la couleur : je suis un film tiré d'une bande dessinée mais prenez moi quand même au sérieux. Et dix ans après vient la suite directe de cette scène, que nous ne pouvions jusque là qu'imaginer, grâce à la magie du cinéma. Quelle belle entrée en matière !
A partir de là le film surfe sur un fond historique de guerre froide et sur la création de la première team d'X-Men. Et là se trouve certainement un des points forts du film : la psychologie des personnages, savoir par quoi ils sont passés pour en arriver ce qu'on connait déjà dans les précédents Xmen. Et il faut avouer que les deux protagonistes principaux, James McAvoy (vu dans Wanted) en professeur Xavier et surtout Michael Fassbender (300, Inglorious Bastard) en Magneto (Serge !) qui prouve qu'il est l'un des futurs grands sur qui compter. Enfin Kevin Bacon apporte sa démesure à un Über méchant comme on les aime tant. Un méchant très James Bondien j'ai envie de dire (il se déplace à bord de son sous marin personnel), un peu à l'image du film d'ailleurs qui avec son ambiance sixties et son côté grandiloquent nous rappellera les meilleurs Sean connery.

Parlons, un peu, de ce qui fâche, un peu...Premier point la première "promo" : la plupart des mutants sont anti charismatiques, certains sortent tout droit d'Harry Potter et le plus potentiellement sympa d'entre eux se fait zigouiller bien rapidement. Et si Mystic est correcte the Beast est ridicule. Ensuite on a beau avoir une débauche de pouvoirs tout ça n'est pas très spectaculaire, et quand ça doit l'être ça ne l'est pas car les effets spéciaux assurent le minimum syndical. Enfin la fin est convenue et prévisible, ce qui était prévisible si on avait le nez fin.

En dehors de cela comme pour Thor on passe un agréable moment donc pourquoi se priver ?

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Green Lantern

Comme Thor Green Lantern n'est pas le héros le plus sur le devant de la scène en France. Le grand public l'aura peut-être croisé un dimanche matin dans le dessin animé la Ligue des justiciers mais à cette heure là en général y'a aussi la messe et téléfoot alors autant dire que ce n'est sans doute pas un fleuron de l'audimat. Il arrive donc chez nous sous les traits de Ryan Reynolds, qu'on a pu voir dans Wolverine en tant que Deadpool ou dans Buried récemment. Oui il est surtout connu pour être l'homme qui a divorcé de Scarlett Johansson...Eh ouais y'en a qui rêvent de l'épouser et bein lui il a divorcé avec elle ! Serait-ce parce qu'il est passé chez l'ennemi DC alors que la belle est la veuve noire de chez Marvel...? Pour finir sur les remarques sur le bonhomme il fait parti de ces personnes qui ont bossé chez les deux grands Marvel et DC, à l'instar de Vas-y Creuse...non pardon Halle Berry plutôt, et de Bryan Singer (réalisateurs des 2 premiers X-Men, voir plus haut, et du dernier Superman en date). Le film est réalisé par Martin Campbell, un homme capable du bon (Zorro) comme du moins bon (Zorro 2). C'est surtout l'homme qui a ressuscité par 2 fois James Bond avec Golden Eye et Casino Royale. Une belle carte de visite donc mais aussi cartoonesque que puisse l'être l'agent des services secrets de sa majesté est-ce que ce sera suffisant pour se confronter à une adaptation de Comic ?

Les premières minutes sont très encourageantes : un découpage vif et lisible caractérisant parfaitement le personnage de la lanterne : sans peur. Et puis passée cette scène d'introduction le film devient un film de super héros standard : découverte des pouvoirs, apprentissage de la vie de héros, de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilité et enfin la copine du héros manque de se faire tuer, la routine habituelle quoi.

Le film souffre grandement de ce manque d'imagination, et on aurait aimé un peu plus de fantaisie. Il pêche donc plus par manque de qualité que par la présence de gros défauts. Esthétiquement le choix de couleurs pourra en choquer certains (les personnages verts et roses fluos piquent un peu les yeux), mais c'est finalement proche des couleurs qu'on peut rencontrer dans les comics de la belle époque. En ce sens il se rapproche du Hulk d'Ang Lee (sans les effets de mise en scène en case de BD, inégalés à ce jour). Enfin le costume en images de synthèses du héros ne passe pas si mal, mais ça reste un ajout finalement anecdotique. Mention bien mais peut mieux faire !

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Captain America

Oui Captain America ressemble à un film de propagande, oui c'est un film patriotique...So what ? Vous vous attendiez à quoi avec un nom pareil ? Si vous êtes sortis de la salle en vous disant surpris : "oh, mais il est vraiment pro américain ce film", en ayant vu qu'il y avait marqué "Captain America" sur l'affiche du film, c'est que vous ne devez pas être bien malin. Mais résumer le film à ça serait trop limitatif car il est loin d'être mauvais.

La reconstitution de l'époque, la psychologie du héros, le jeu des acteurs (Chris Evans et Hugo Weaving en "tête" ahaha), tout ça fonctionne parfaitement. Mais le manque de surprises, les scènes d'action convenues, le côté déjà-vu de l'ensemble nous font regretter qu'il n'y en ait pas un peu plus. C'est finalement un résultat auquel on pouvait s'attendre en voyant la filmographie du réalisateur Joe Johnston, qui n'a jamais fait de bouse mais jamais de chef d’œuvres non plus. Le héros est néanmoins bien lancé et on a hâte de le revoir dans le futur "The Avengers". Un mot rapide sur la 3D : complétement dispensable, peut-être un chouïa meilleure que sur Thor.

Conclusion

Vous avez du vous rendre compte que mon ressenti sur tous ces films étaient mi figue mi raisin. Les raisons sont simples : ils se ressemblent quand même beaucoup, on a déjà eu dans le passé des films de ce genre de grande qualité (Spiderman, Ironman...), l'originalité manque cruellement et on sent que la prise de risque est ultra limitée. Et la lassitude risque fort de nous rattraper si les prochains films ne font pas des efforts dans ce sens...S'ajoute à cela des effets visuels (CGI) qui font cheap alors que ces films coûtent chers ! C'est à se demander si des progrès ont été fait en la matière depuis 15 ans ! Messieurs DC et Marvel attention donc, à trop vouloir tirer sur la corde il se pourrait qu'elle rompe un jour.

Pour finir sur une note plus positive en cadeau bonus la bande annonce de The Avengers (réalisé par la papa de Buffy contre les vampires) et qui pour l'instant envoie du bois. De toute manière une bande annonce avec une musique de Nine Inch Nails ne peut déboucher que sur un bon film !


Extra Bonus pour vous mesdemoiselles ;-)

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Précision technique : Thor et Captain America ont été vus en 3D au cinéma avec des lunettes dites "passives"
Toutes les images viennent du site allociné, sauf la "marvelle" qui est copyright Jamiroquai.fr